Lundi soir, je reçois un mail de mon chef envoyé, à tout les gens de l'observatoire, avec un sujet un peu étrange: "Important Event". Je m'attendais à un évènement en rapport avec l'observatoire lui même. Pas du tout!

Wayne nous annonçait une venue assez exceptionnelle au Arlington Theater de Santa Barbara, celle de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006. Il venait nous parler de "social business" ainsi que de ce qui l'a conduit à recevoir ce prix Nobel (notons que d'après son article sur Wikipédia il aurait pu aussi recevoir celui d'économie).

Sa conférence a duré environ 40mn, et a été suivie d'environ 1h de questions du public.

40mn incroyables. À l'entendre, tout parait simple: il suffit de faire tout l'inverse de ce que font les banques habituellement (aller proposer de l'argent aux gens (et surtout aux femmes) qui ne peuvent justifier d'un revenu, ne demander aucune garantie, prêter à un taux plus avantageux aux plus démunis, ...). C'est ainsi qu'il a créé la Grameen Bank (aussi appellée banque des pauvres dont plusieurs succursales existent maintenant non seulement en Asie mais aussi en Afrique et en Amérique du Nord et du Sud).

J'ai en tête un des nombreux exemples qu'il a donné de choses simples à réaliser. Après avoir fondé une société permettant à tout les bangladais d'avoir accès à un téléphone portable, s'est posée la question de savoir comment faire pour recharger les batteries. Le plus simple? Les panneaux solaires! Il a donc crée une société qui fournit les villages en panneaux solaires.

C'est la que le concept d' affaires sociales intervient.

Une entreprise est qualifiée de sociale selon M. Yunus si son fonctionnement n'est pas guidé par le but de gagner le plus d'argent, mais de faire profiter le plus de gens possibles des produits qu'elle fabrique. Pour cela, l'entreprise garde son argent, et l'investit. Et cela marche, vu que la société de téléphone portables dont je parle plus haut est devenue la plus grosse société du Bangladesh.

Autre exemple, l'association de la Grameen Bank avec le groupe Danone qui produit des yaourts enrichis afin de répondre aux besoins nutritionnels des enfants bangladais tout en créant un maximum d'emplois localement.

L'énorme avantage, selon Muhammad Yunus, de ces entreprises sociales (qui s'occupent donc du bien-être des gens, et n'ont pas pour but de s'enrichir) sur les organisations humanitaires, c'est que ces entreprises ne dépendent que d'elles-mêmes. Elles ne dépendent pas de la générosité des gens. Tant qu'elles sont profitables (et les exemples qu'il nous a cités montrent que dans tous les domaines économiques il est possible de créer une société faisant des affaires sociales), elles peuvent continuer à fonctionner et à contribuer au bien être des gens. Toutes les entreprises fondées par Yunus et la banque Garmeen (la banque des pauvres), font des affaires sociales, évidemment.

Pour ceux que le sujet pourrait intéresser il y a deux livres qui ont été publiés:

  • "Banker to the Poor", M. Yunus;
  • "Creating a world without poverty",M. Yunus